"L'or ne joue plus son rôle de valeur refuge" (Norman K)
information fournie par Zonebourse 15/05/2026 à 16:37
Entre la guerre Iran-Etats-Unis, l'envolée du pétrole et la fuite en avant de l'intelligence artificielle, les marchés financiers ont traversé un premier trimestre 2026 sous haute tension.
Pour Grégoire Kounowski, conseiller en stratégie d'investissement chez Norman K, la résilience affichée par les indices cache de profondes divergences entre classes d'actifs et entre régions du monde.
"Le déclenchement du conflit a entraîné une correction marquée des marchés, mais la trêve début avril, combinée aux déclarations de Donald Trump, a favorisé un rebond rapide des actifs risqués", explique en substance le gérant.
Considéré comme une valeur refuge par excellence, le cours de l'or a quasiment triplé depuis 2021. Mais cette dynamique s'est essoufflée avec le conflit en Iran. Ainsi, au cours du premier mois de la guerre, en mars l'or a perdu près de 18%, touchant même -20% en pleine séance. Le métal jaune a donc chuté en même temps que les actions
"L'or n'est plus un actif refuge, c'est devenu un actif de momentum", analyse Grégoire Kounowski.
Sur l'année 2026, l'or reste néanmoins positif de 9%, mais sa dynamique épouse désormais celle des actifs risqués.
La défense recule et l'IA bombe le torse
Autre paradoxe souligné par Norman K, les valeurs de la défense sont en repli, malgré l'ouverture d'un nouveau front. Et le secteur de la santé, défensif par excellence, est aussi en baisse. "C'est d'ailleurs le seul sous-secteur européen qui est négatif depuis le début de l'année", pointe le spécialiste.
Les seuls vrais gagnants de cette séquence ont été le pétrole, l'IA et les semi-conducteurs qui se sont envolés en quelques semaines.
Pendant que le reste du monde encaissait le choc, la tech américaine a continué son ascension. Le Nasdaq-100 a rapidement effacé la correction de mars, et les valeurs liées à l'intelligence artificielle ont aligné des performances spectaculaires depuis le début de l'année : Intel à 217%, SK Hynix à 148%, Samsung à 114%, STMicroelectronics à 110%, AMD à 104%.
"L'IA fonctionne comme un moteur à part, qui n'est pas touché par les crises géopolitiques", résume Grégoire Kounowski. Une conviction qui explique en grande partie la résilience du marché américain face au reste du monde.
Chine-Etats-Unis : et si l'Iran n'était qu'un prétexte ?
Pour Grégoire Kounowski, la vraie ligne de fracture des marchés reste la rivalité sino-américaine. "Depuis le retour de Trump, il y a une rivalité grandissante entre la Chine et les Etats-Unis pour la superpuissance mondiale", rappelle le conseiller.
Et le conflit iranien pourrait bien en être un nouvel épisode déguisé. Pékin étant le premier acheteur de pétrole iranien, l'hypothèse circule : "Est-ce qu'au fond, ils ont attaqué l'Iran pour viser la Chine ? C'est possible", s'interroge le gérant.
En attendant, le verdict des marchés est sans appel : le MSCI China reste très loin de ses sommets, plombé par une crise immobilière qui ne passe pas. Seul atout dans la manche de Pékin, ses réserves stratégiques, qui amortissent le choc mieux qu'ailleurs en Asie.
Pacôme Alves Goncalves
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